Réforme lycée et nouveau bac : une mobilisation le 30 novembre à Paris pour défendre l’enseignement du breton

Un lycéen en classe

 

Les associations de défense du breton vont manifester le 30 novembre à Paris pour dénoncer les incidences de la réforme du lycée et du nouveau bac sur les langues régionales. Elles rejoignent ainsi le collectif national « Pour que vivent nos langues » lancé le 12 septembre dernier par le député européen François Alfonsi et le député Paul Molac.

La réforme du lycée et du baccalauréat n’a pas fini de faire des mécontents. Elle provoque désormais la colère des associations de défense de la langue bretonne. Dans le Finistère, Kevre Breizh, Div Yezh, Diwan et Kelennomp ont annoncé qu’elles iront manifester le 30 novembre à Paris pour dénoncer les incidences de la réforme du lycée et du nouveau bac sur les langues régionales. Elles rejoignent ainsi le collectif national « Pour que vivent nos langues » lancé le 12 septembre dernier par le député européen François Alfonsi et le député Paul Molac. Ce collectif appelle à une manifestation samedi 30 novembre à Paris devant le ministère de l’Education nationale.

Une réforme destructive et régressive pour les langues nationales

Les associations de défense de la langue bretonne qualifient la réforme du lycée et du baccalauréat de « linguicide ». Cette réforme a mis fin aux séries L, ES, S… En première, les élèves doivent désormais choisir trois enseignements de spécialité. Et en terminale, ils n’en gardent que deux. Parmi ces spécialités, il y a LLCR Langues, littératures et cultures étrangères et régionales breton. Mais dans les faits, seuls deux lycées proposent cette dernière spécialité en Bretagne. Il s’agit de Diwan à Carhaix et Brizeux à Quimper.  Par ailleurs, les élèves ne peuvent pas choisir LLCR breton et LLCR anglais ou espagnol en même temps, ce qui est très préjudiciable.

Les associations accusent Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de mener une politique destructive, régressive par rapport aux langues régionales, à l’heure où les jeunes sont souvent absorbés par leurs réseaux sociaux. Si cette réforme est maintenue en l’état, elle mettrait en péril l’existence même de la langue bretonne, qui a aujourd’hui besoin de plus de 5 000 nouveaux locuteurs par an, contre 500 actuellement.

« Pour ce qui dépend de moi, je mènerai cette réforme jusqu’au bout »

Le collectif national des associations de défense du breton a également lancé une pétition en ligne qui a recueilli pour le moment 10 000 signatures. Il demande pour les langues régionales un statut et des mesures spécifiques comme pour les langues anciennes. Mais Jean-Michel Blanquer a laissé entendre qu’il ne reculerait pas sur cette politique. « Pour ce qui dépend de moi, je mènerai cette réforme jusqu’au bout, dans l’intérêt des lycéens et de leur avenir. Elle est largement engagée. Personne ne peut imaginer que l’on rétablisse les séries S, ES et L, qui ont été supprimées. Il y a une dimension d’irréversibilité dans ce qui a été fait », a-t-il prévenu en août dernier.

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