Influence chinoise en Nouvelle-Calédonie : une menace pour la démocratie?

En Nouvelle-Calédonie, la Chine déploie une influence grandissante, mêlant stratégie économique et soutien discret aux mouvements indépendantistes pour influer sur l’avenir politique de ce territoire clé du Pacifique.
L’implantation croissante de la Chine en Nouvelle-Calédonie
La Nouvelle-Calédonie possède parmi les plus grandes réserves de nickel au monde, un métal essentiel pour la production de batteries. Des entreprises chinoises comme Jinchuan Group et Tsingshan Holding, via des partenariats avec des sociétés locales, se sont positionnées dans l’exploitation minière calédonienne. Ces investissements leur permettent d’accroître leur emprise sur l’économie locale et d’influencer, de manière indirecte, les choix politiques de l’île, les dirigeants locaux étant souvent sensibles à cette manne financière.
La Chine a également renforcé ses liens diplomatiques en multipliant les échanges officiels avec des figures indépendantistes comme celles du Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS). En 2019, une délégation de ce groupe a été accueillie à Pékin, où des promesses de soutien au développement économique et d’investissements ont été faites. Ce rapprochement vise à appuyer une éventuelle indépendance, bénéfique pour les intérêts stratégiques chinois, en réduisant l’influence française dans la région.
Pékin renforce également son influence par la diplomatie culturelle. En 2021, la Chine a financé des bourses d’études pour des jeunes calédoniens et soutenu l’apprentissage du mandarin dans certaines écoles. Ces échanges culturels créent des liens avec la jeunesse locale, favorisant l’idée que la Chine est un partenaire fiable et offrant une alternative au modèle français.
Stratégies d’influence lors des référendums d’indépendance
Lors du référendum de 2018 sur l’indépendance, des rumeurs et de fausses informations circulaient sur les réseaux sociaux, alimentées par des comptes pro-indépendantistes liés à des réseaux de désinformation en Asie. Ces messages, visant à accentuer la division, présentaient la Chine comme un futur partenaire économique plus favorable que la France, mettant en avant les soi-disant gains économiques d’une autonomie complète.
Les autorités chinoises, sans soutien public direct, ont été accusées d’avoir proposé une aide logistique et financière à certains leaders indépendantistes pour faciliter des réunions et des événements pro-indépendance. Les mouvements indépendantistes auraient bénéficié de financements venant d’entreprises proches du gouvernement chinois, une aide qui, bien que non officielle, renforce la détermination de certains groupes pour une rupture avec la France.
Lors des scrutins, des observateurs chinois se sont intégrés à certaines missions internationales, notamment en 2021, au moment du troisième référendum. Bien que discrète, cette présence permettait à la Chine de surveiller de près le processus démocratique, en vue d’ajuster ses stratégies pour influencer les résultats futurs.
La réponse de la France et des partenaires du Pacifique
Face aux manœuvres chinoises, la France a renforcé sa présence militaire et diplomatique en Nouvelle-Calédonie. En 2023, des investissements dans les infrastructures locales ont été annoncés, ainsi qu’un plan de développement de cinq ans pour soutenir l’économie calédonienne. La France vise à réaffirmer son engagement et à contrer les offres chinoises en promouvant une économie plus autonome et plus proche des valeurs démocratiques occidentales.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande, alertées par l’influence croissante de la Chine dans le Pacifique, ont formé une coalition stratégique avec la France pour contrer l’expansion chinoise. En 2022, les trois nations ont annoncé des exercices militaires conjoints et des accords économiques, visant à renforcer leur présence dans la région. Cette coalition entend offrir une alternative sécuritaire et économique stable aux nations insulaires du Pacifique.
Pour répondre aux tentatives d’influence, des campagnes de sensibilisation, soutenues par la France, ont été organisées en Nouvelle-Calédonie pour rappeler l’importance des processus démocratiques. Des initiatives dans les écoles et auprès des communautés locales promeuvent la transparence politique et l’indépendance face aux ingérences extérieures, afin de garantir un avenir fondé sur des choix démocratiques éclairés.