Un réseau de voleurs de chantiers démantelé

En Gironde et dans plusieurs départements voisins, un réseau spécialisé dans le vol d’engins de chantier a été démantelé il y a quelques jours. En un an, 90 mini-pelleteuses ont été dérobées, causant un préjudice estimé à plus de 4 millions d’euros. Une enquête minutieuse a permis d’identifier et d’interpeller huit suspects.

Une série de vols soigneusement planifiés

Depuis la fin de l’année 2023, les entrepreneurs et chefs de chantier de Nouvelle-Aquitaine ont remarqué des disparitions inexpliquées de leurs équipements. De petites pelleteuses, d’une valeur comprise entre 40 000 et 80 000 euros, disparaissaient sans laisser de traces. Ces vols répétés ont rapidement attiré l’attention des forces de l’ordre, qui ont lancé une enquête à la fin de l’année 2024.

Les malfaiteurs opéraient avec une rigueur impressionnante. Selon l’enquête, ils utilisaient un fourgon équipé d’une remorque plateau, souvent muni d’un gyrophare amovible pour donner l’illusion d’une intervention légitime. Ils portaient également des chasubles fluorescentes, leur permettant de passer inaperçus sur les chantiers et de ne pas éveiller les soupçons.

L’enquête a révélé que les individus impliqués dans ce réseau avaient une connaissance approfondie du secteur des travaux publics. Ils maîtrisaient le fonctionnement des engins, connaissaient les failles des dispositifs de sécurité et savaient comment écouler rapidement leur butin. En clair, il ne s’agissait pas d’amateurs, mais de personnes « gravitant dans la sphère des engins de chantier, allant du voleur au receleur ».

Une opération d’envergure pour démanteler le réseau

Le 11 mars 2025, après cinq mois d’investigation, la gendarmerie a déclenché une vaste opération pour mettre fin aux agissements de cette organisation criminelle. Huit individus ont été arrêtés simultanément dans plusieurs départements : la Gironde, les Landes, la Charente-Maritime et le Gers. Cette coordination a permis d’éviter toute tentative de fuite ou de destruction de preuves.

Lors des perquisitions menées au domicile des suspects, les enquêteurs ont mis la main sur un impressionnant butin : quatre mini-pelles, un tractopelle, deux remorques ainsi que de nombreux accessoires permettant d’opérer en toute discrétion. Parmi les objets saisis, un jeu de clés universelles et un brouilleur de signal GPS, utilisés pour neutraliser les dispositifs de géolocalisation des engins volés.

Parmi les huit individus interpellés, quatre ont été poursuivis à l’issue de leur garde à vue. Trois hommes, âgés de 41, 46 et 27 ans, ont été déférés devant le parquet de Bordeaux et placés sous contrôle judiciaire. Le dernier suspect a, quant à lui, été laissé libre dans l’attente de son audience devant le tribunal. Tous sont accusés de dix faits de vol en réunion, commis entre mars et décembre 2024.

Un préjudice colossal et des enjeux judiciaires importants

Avec 90 engins volés en l’espace d’un an, les pertes pour les entreprises du BTP sont considérables. Le coût élevé des mini-pelleteuses, combiné à la difficulté de s’en procurer de nouvelles, a eu un impact non négligeable sur certains chantiers. Plusieurs entreprises ont dû faire face à des retards et à des surcoûts imprévus.

Les enquêteurs s’interrogent encore sur la destination finale des engins volés. Certains auraient été écoulés sur le marché noir en France, tandis que d’autres auraient été revendus à l’étranger. Le mode opératoire suggère l’existence de filières bien établies, capables d’exporter discrètement ces équipements coûteux.

L’enquête est loin d’être terminée. D’autres complices pourraient être identifiés dans les semaines à venir. La justice devra déterminer le degré d’implication de chacun et trancher sur les sanctions à appliquer. En attendant, ce coup de filet démontre la capacité des forces de l’ordre à lutter contre les réseaux criminels spécialisés, y compris dans des secteurs parfois sous-estimés comme celui du vol d’engins de chantier.



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