Les agriculteurs corses réclament une PAC adaptée aux réalités de l’île

La colère du monde agricole s’est exprimée jusque dans les bâtiments de l’État. Lundi 5 janvier, plusieurs dizaines d’agriculteurs ont occupé les locaux de la Direction départementale des territoires et de la mer à Bastia. En ligne de mire : le retard dans le versement de certaines aides européennes et, plus largement, l’absence de prise en compte des spécificités corses dans la politique agricole commune (PAC).

À l’appel de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, les manifestants ont profité de la mobilisation nationale du secteur pour porter un message clair : l’agriculture insulaire ne peut plus être traitée comme celle du continent. Selon eux, les règles actuelles de la politique agricole commune ne tiennent pas compte des contraintes structurelles propres à la Corse, qu’il s’agisse du relief, de l’insularité ou du retard historique en matière d’équipements et de production.

Pour les syndicats, la situation est devenue économiquement intenable. « Aujourd’hui, soit on ne produit plus en Corse, soit on produit à des coûts extrêmement élevés », déplore Joseph Colombani, président de la FDSEA de Haute-Corse. Selon lui, ce modèle pénalise à la fois les agriculteurs, dont les revenus restent faibles, et les consommateurs, confrontés à des prix élevés. « Le potentiel agricole existe, mais il faut un cadre européen capable de l’accompagner », insiste-t-il, appelant à une PAC spécifique à l’île.

Les agriculteurs dénoncent également les retards dans le paiement des aides européennes, indispensables à la survie de nombreuses exploitations. Dans un contexte déjà marqué par la hausse des coûts de production et les aléas climatiques, ces délais fragilisent davantage un secteur agricole insulaire déjà sous pression.

Après plusieurs heures d’occupation, la mobilisation s’est achevée en fin d’après-midi, aux alentours de 17h30. Les syndicats ont toutefois obtenu un premier engagement de l’État : un rendez-vous avec le cabinet du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire devrait se tenir dans les dix prochains jours.

Pour les représentants agricoles, cette rencontre sera déterminante. Ils espèrent y ouvrir des discussions concrètes sur une adaptation des politiques agricoles européennes aux réalités corses. Faute de réponses rapides, préviennent-ils, la mobilisation pourrait reprendre. En Corse comme ailleurs, le malaise agricole reste profond et les attentes, immenses.

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