« 12 hommes en colère » : le chef d’œuvre de Reginald Rose au Théâtre Hébertot

C’est un standard indépassable de Broadway. Un classique du théâtre américain qui se joue depuis plus d’un demi-siècle aux quatre coins du globe. La recette du succès ? Une descente implacable dans la psyché humaine et les constructions sociales dont nous sommes tous victimes. Fort du succès enregistré l’année dernière, « 12 hommes en colère » revient au mois d’octobre au Théâtre Hébertot. Un spectacle incontournable.

L’action se déroule à New York dans les années 1950. Douze jurés sont réunis pour décider du sort d’un jeune homme accusé d’avoir tué son père. Tous les jurés sont convaincus de la culpabilité de l’adolescent. Pressés d’en finir avec cette corvée judiciaire. Tous, sauf un… qui refuse d’envoyer à la hâte un homme à la mort. L’unanimité est requise. Le décor est planté. Au fil des minutes, les certitudes laissent place au doute et les personnalités des uns et des autres se révèlent.

Le chef d’œuvre de Reginald Rose, porté à l’écran par Sydney Lumet en 1957 (avec Henry Fonda dans le rôle du juré récalcitrant), est adapté en français par Francis Lombrail et mis en scène par Charles Tordjman. Cette pièce-ensemble magistrale, saluée par la critique et plébiscitée par le public, revient pour une deuxième saison au Théâtre Hébertot à partir du 4 octobre à 19 heures.

C’est une jubilation en même temps qu’un exercice introspectif que de retrouver ces « 12 hommes en colère », rassemblés par la grâce du hasard pour former un jury d’assises. Douze hommes que tout ou presque oppose. Ages, milieux sociaux, éducation, orientations politique. C’est un instantané de notre société qui se débat dans le bocal d’une salle de délibération, au gré de leurs convictions et de leurs préjugés. Un tableau terriblement précis de l’âme humaine qui laisse à voir ce que l’on cherche d’ordinaire tous à cacher.

Comme le précisait en novembre dernier, Sylvain Merle, journaliste Culture au Parisien, la mise en scène de Charles Tordjman « parvient à placer et déplacer ses douze excellents comédiens dans cet espace restreint et clos sans que rien ne paraisse ni artificiel ni brouillon. Isolant des apartés dans le flot de discussions comme le ferait un gros plan de caméra, il captive véritablement avec ce huis clos judiciaire magistralement orchestré ».

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