Coronavirus : l’Outre-mer, sous-équipé et isolé, craint le pire

Une mère africaine portant son bébé

Avec des hôpitaux moins bien équipés et isolé de la métropole, les territoires d’Outre-mer craignent la flambée des cas de coronavirus dans les prochains jours. L’inquiétude est notamment forte à La Réunion et à Mayotte, passés au stade 2 de l’épidémie mardi, alors que les autres outre-mer demeurent en stade 1 et la métropole déjà en stade 3.

De la Polynésie aux Antilles en passant par La Réunion, les Ultramarins sont inquiets. Le nombre de cas de Covid-19 pourrait bientôt exploser face à l’isolement des territoires et le sous-équipement des structures sanitaires et hospitalières.

Seules Saint-et-Pierre et Miquelon et Wallis et Futuna épargnées

Au 22 mars, le bilan des personnes atteintes par le SRAS-Cov-2 était de 62 en Guadeloupe, 3 à Saint-Barthélemy, 6 à Saint-Martin, 20 en Guyane, 44 en Martinique, 21 à Mayotte, 75 à La Réunion, 4 en Nouvelle-Calédonie et 15 en Polynésie. La Martinique et La Guadeloupe, aux populations majoritairement âgées, ont déjà déploré chacune leur premier mort du Covid-19. Seules Saint-et-Pierre et Miquelon et Wallis et Futuna sont pour l’instant épargnés par l’épidémie.

Depuis le lundi 23 mars, tous les territoires d’Outre-mer sont soumis au confinement avec, théoriquement, les mêmes règles qu’en métropole. Cela concerne les cinq départements et régions (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte), mais aussi Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre et Miquelon, ainsi que la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie, et Wallis et Futuna. Aussi, les liaisons aériennes ont été restreintes entre ces territoires et la métropole jusqu’au 15 avril par un arrêté ministériel publié dimanche au Journal officiel.

Pauvreté, précarité, promiscuité et comorbidités

Malgré ces mesures, une flambée des cas est à craindre compte tenu de la fragilité de ces territoires ultramarins. Le docteur Kathia Cadinouche, généraliste et régulatrice au Samu de la Réunion soulignait que cet île est « tellement loin de tout, avec une telle pauvreté, précarité, promiscuité et avec des comorbidités si nombreuses, une population si souvent cruellement démunie, que nous pouvons nous attendre à des taux de mortalité plus élevés que ceux en métropole ».

A Mayotte, le député LR Mansour Kamardine, qui s’attend à « un tsunami », alerte sur la situation sanitaire de l’île, « le plus grand désert médical de France ». Mayotte est trois fois moins bien équipée que La Réunion par habitant et compte déjà des soignants infectés par le virus. Quant à la Guadeloupe, qui dispose de peu de lits de réanimation, elle réclame la venue de médecins cubains, à la réputation internationale. Ces derniers auraient déjà débarqué en Italie, pays le plus touché par la pandémie.

Des mesures plus restrictives

Pour soutenir La Réunion et Mayotte, le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir l’envoi du porte-hélicoptères amphibie Mistral avec ses 69 lits médicalisés dans le sud de l’océan Indien. Puis « à partir de début avril, le porte-hélicoptères Dixmude ira se positionner dans la zone Antilles Guyane », a promis le chef de l’Etat lors d’une déclaration à Mulhouse. De son côté, le premier ministre Edouard Philippe a indiqué que « Les préfets seront peut-être, et sans doute, amenés à prendre des mesures strictes, notamment des mesures de couvre-feu, voire des mesures de confinement plus sévères encore que celles qui prévalent sur le territoire métropolitain ».

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