Masques : le made in France à la peine

Le made in France peine à s’enraciner dans les pratiques du secteur public français, malgré le volontarisme et les effets d’annonce du gouvernement. Illustration avec des collectivités locales qui s’approvisionnent en masques depuis l’étranger.

Le secteur public français n’en a décidément cure de la promotion du made in France. Du moins en ce qui concerne les masques. C’est ce que révèle le Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOAMP) où l’apprend que nombre de collectivités locales et même des institutions de la République comme le Sénat, s’approvisionnent à l’étranger. Ce livret des commandes publiques témoigne d’une situation d’une ampleur insoupçonnée. On peut notamment y relever qu’une société portugaise a les faveurs du conseil départemental des Yvelines, celles de la Métropole Nice Côte d’Azur étant destinées à un industriel polonais.

Le phénomène est d’autant plus criant que même quand certains appels d’offres sont remportés par des entreprises françaises, ces dernières ont recours à l’étranger pour leur importation de masques. Des pays comme la Chine, la Tunisie et même le Vietnam reviennent souvent comme principaux fournisseurs du tiers des commandes passées du 1er septembre au 31 décembre 2020, selon des recoupements.

Coup porté à la promotion de l’expertise locale

Pour se justifier, plusieurs collectivités locales et institutions évoquent un rapport qualité-prix favorable, entre autres. C’est le cas de la Métropole Nice Côte d’Azur qui estime que les sociétés attributaires de ses appels d’offres ont été rigoureusement sélectionnées. Les contraintes de la loi sont un autre argument brandi par certains élus locaux. Car, rappellent-ils, la législation européenne en matière de marché public interdit toute préférence nationale dans le choix de ses fournisseurs, au risque de se voir assigner en justice. Pourtant, cette directive favorable à la concurrence avait bien été outrepassée l’année dernière aux premiers mois de la pandémie. Mais les règles courantes ont repris le dessus.

Quoi qu’il en soit, les arguments mis en avant par les et les autres sont difficilement audibles pour les défenseurs du made in France. Le gouvernement au premier chef. Depuis mars 2020, Emmanuel Macron n’a cessé de vanter le savoir-faire français concernant la fabrication des masques, allant jusqu’à prôner à plusieurs reprises, une souveraineté nationale en la matière. De moins de 30 millions au début de la pandémie, la production de masques français culmine désormais à plus de 100 millions par semaine, sans pouvoir trouver de preneurs. De quoi rendre furieux Pierric Chalvin de l’union des entreprises textiles de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui dénonce une aberration.

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