Paris : les toxicomanes en errance

Ballottés de quartier en quartier, les accros au crack de la capitale sont régulièrement pris à partie par des riverains mécontents de leur présence. Pendant ce temps, les pouvoirs publics se renvoient la patate chaude de la gestion de ce dossier.

Les consommateurs de drogue à Paris ont à nouveau été dans la nuit du vendredi à samedi, la cible de riverains agacés par leur présence. Cette fois, les choses se sont passées au Jardin d’Éole, dans le 18e arrondissement. À coups de tirs de mortiers, les drogués ont été chassés par une bande de jeunes qui reste toujours en fuite dans la nature, selon le Parisien qui rapporte l’information.

Aucun blessé n’est à signaler, mais la scène diffusée sur les réseaux sociaux par un habitant près du Jardin d’Éole est la énième du genre ces derniers mois. Elle met en exergue la difficulté des gouvernants à prendre à bras le corps la question des consommateurs de drogue à Paris.

Fuite en avant

Car avant d’essaimer dans ce jardin public vers la mi-mai, les toxicomanes étaient installés à Stalingrad jusqu’à tard dans la nuit avec l’autorisation de la mairie. Ce qui ne manquait pas d’agacer les habitants du quartier. Ces derniers, las d’une cohabitation devenue impossible avec les accrocs au crack, ont dû manifester à plusieurs reprises leur mécontentement pour enfin se faire entendre. Le Jardin d’Éole était donc jusqu’à son évacuation fin juin, un lieu d’accueil provisoire envisagé par la mairie le temps de trouver une solution définitive à ce problème.

Tensions entre l’exécutif et la mairie

Reste maintenant à savoir si ce dossier sera enfin réglé, à la lumière des actes de violence répétitifs impliquant ces consommateurs de drogue dernièrement. D’autant qu’au plus haut point, le sujet cristallise les tensions entre le gouvernement et la mairie de Paris. Plus d’une fois, l’édile socialiste, Anne Hidalgo, a rejeté la faute du pourrissement de la situation sur l’exécutif, accusé de faire preuve de stratégie minimaliste sur un sujet aussi essentiel que l’addiction à la drogue. Un fléau qui a définitivement pris en étau le nord-est de Paris. La mairie réclame entre autres, la mise en place d’un plan anti-crack fondé sur une prise en charge thérapeutique dans des centres dédiés afin de prévenir les addictions.

Du côté de l’exécutif, on met avant sa bonne foi, se disant prêt à assumer ses responsabilités. Les piques par médias interposés perdurent et l’impasse avec elles.

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