Des voix dissidentes bâillonnées à Nice ?

Le président de la métropole Nice Côte d’Azur est accusé d’avoir sanctionné deux membres du conseil municipal et intimidé une autre, pour leur prise de position contraire à celle de la majorité au conseil départemental.

À Nice, mieux vaut ne pas manifester publiquement son opinion sur des sujets ayant trait à la bonne marche de la municipalité ou du Conseil départemental. Bernard Chaix et Gaëlle Frontoni auraient dû le savoir, mais c’est désormais trop tard pour les regrets. Les deux, conseilleurs municipaux de la ville de Nice depuis juin 2020 ont eu la désagréable surprise de découvrir lundi 4 octobre que leur statut de subdélégués respectivement à l’agriculture urbaine et aux activités périscolaires et à la restauration n’était plus valable sur décision du maire Christian Estrosi.

Les intéressés payent à travers cette décision, leur récente prise de position lors de deux votes au Conseil départemental. L’une contre la nomination d’Anthony Borré, premier adjoint au maire au Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) 06 et l’autre en faveur du statu quo à propos du Comité régional du tourisme (CRT) Côte d’Azur dont l’édile ne veut plus.

Fronde ou liberté d’opinion ?

Selon la mairie de Nice contacté par le site d’information 20 Minutes, ces rétrogradations ont valeur de sanction pour l’attitude jugée frondeuse des deux élus. Car relève la municipalité, chaque membre de la majorité au pouvoir à la tête de la Ville s’est engagé à travers la signature d’une charte à placer l’intérêt de Nice au-dessus de toute autre considération. Au-delà des questionnements sur la légitimité d’une telle charte, la polémique enfle dans la métropole Nice Côte d’Azur.

Bernard Chaix et Gaëlle Frontoni accusent notamment le maire Christian Estrosi de dérive autoritaire, relevant le respect de la liberté de parole et d’opinion défendue lors de différentes sorties de l’ancien député par le passé. Ils soupçonnent par ailleurs celui-ci d’avoir agi en représailles de leur absence fin septembre à la rentrée politique de la France audacieuse, parti créé par Estrosi en scission de son ex-formation politique Les Républicains (LR). À tort ou à raison ? Toujours est-il que le glaive de l’édile s’est abattu sur ces élus.

Une volte-face in extremis

La troisième personne impliquée dans cette affaire échappera elle à la colère de son maire. Catherine Moreau qui s’était également alignée hors de la ligne de la majorité serait revenue sur son vote après des menaces de sanction personnelle, à en croire les deux élus infortunés.

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