Jura : vente exceptionnelle d’un ouvrage de Baudelaire

Une bibliothèque à Paris, France.

 

Un ouvrage de Charles Baudelaire dédicacé par lui s’est vendu à 69 000 euros, lors de la dispersion fin avril d’une bibliothèque unique à Lons-le-Saunier, dans le Jura (Bourgogne-Franche-Comté). Édité en 1859, cet essai de soixante-huit pages est préfacé par une lettre de Victor Hugo à Charles Baudelaire à propos de Théophile Gautier.

« C’est la bibliothèque de toute une vie »

Un livre de Charles Baudelaire, Les Paradis artificiels, a été vendu aux enchères à 69 000 euros, lors de la dispersion d’une bibliothèque unique à Lons-le-Saunier, dans le Jura (Bourgogne-Franche-Comté). Composé de soixante-huit pages, cet ouvrage est préfacé par une lettre de Victor Hugo à Charles Baudelaire à propos des textes que ce dernier a écrit sur Théophile Gautier. Mais l’objet doit sa valeur à une dédicace (de la main) de l’auteur des Fleurs du Mal à son « vieil ami Sainte-Beuve », à qui il a destiné l’exemplaire.

Le livre provenait de la bibliothèque d’un érudit franc-comtois, qui avait souhaité que sa collection soit dispersée par la Maison Jura Enchères après son décès. L’opération a eu lieu le samedi 30 avril sur Internet et a été supervisée par Maître Brigitte Fenaux. Nadine Rousseau, experte en livres anciens et organisatrice de l’évènement, a indiqué que c’était la « bibliothèque de toute une vie » d’un passionné de littérature et d’art de Franche-Comté.

Un essai en deux parties

L’ouvrage de Baudelaire, Les Paradis artificiels, est un essai paru en 1860. Le poète y évoque la relation pouvant exister entre les drogues et la création poétique. Dans la première partie intitulée « Le poème du haschisch», il mêle visions extatiques et reflexions métaphysiques. Il y fait également une digression sur l’écrivain américain Edgar Allan Poe.

Dans la seconde partie, Baudelaire fait un commentaire du livre «Confessions d’un mangeur d’opium anglais» de Thomas de Quincey paru en 1821. Là aussi, il décrit plusieurs hallucinations provoquées par l’opium, qui a un effet sur la décadente des poètes maudits. « Les vices de l’Homme sont la preuve de son goût pour l’infini. Seulement, c’est un goût qui se trompe souvent de route. », écrit-il notamment.

Plusieurs autres œuvres mises aux enchères

Le livre dédicacé de Charles Baudelaire faisait partie d’une vente exceptionnelle de plusieurs centaines de lots appartenant à des amateurs lédoniens et à d’autres. Il y avait notamment des ouvrages anciens, des œuvres romantiques et poétiques originales, des livres illustrés modernes, des autographes et des manuscrits. Un livre de Gilbert Cousin, un écrivain du XVIe siècle, s’est vendu à 18 500 euros. Il provenait de la bibliothèque de Charles Nodier, l’écrivain et académicien bisontin.

Des lettres de Victor Hugo

On note aussi la vente d’un exemplaire du Guide de l’amateur de gravure par Béraldi enrichi de 1675 gravures, estimé à 15.000 euros. Ou un livre de l’illustrateur Sylvain Sauvage, des Liaisons dangereuses, comprenant 50 dessins originaux, évalué à 8 000 euros. Il y avait en outre un livre illustré par Van-Dongen, Valotton et Sylvain Sauvage, ainsi que des manuscrits de Louis Pergaud et des lettres de Victor Hugo. On a enfin retrouvé un riche ensemble d’ouvrages de jurassiens.

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