L’Union européenne bannit l’importation et le commerce d’or soudanais

L’Union européenne a adopté une nouvelle série de sanctions visant le secteur aurifère soudanais. Entrée en vigueur le 13 juillet 2026, cette décision interdit l’importation, l’achat et le commerce d’or en provenance du Soudan dans l’objectif de réduire les ressources financières alimentant la guerre qui ravage le pays depuis plus de trois ans.

Le dispositif prévoit également l’interdiction d’exporter vers le Soudan du mercure et du cyanure, deux substances largement utilisées dans les activités d’extraction de l’or. Bruxelles estime que ces mesures doivent limiter les capacités de production d’un secteur devenu stratégique pour les groupes armés.

Selon le Conseil de l’Union européenne, l’exploitation de l’or constitue aujourd’hui l’une des principales sources de revenus des acteurs engagés dans le conflit. Les Forces de soutien rapide contrôlent une grande partie des gisements situés au Darfour et au Kordofan, tandis que l’armée soudanaise exerce son autorité sur les principales zones minières de l’est et du nord du pays.

Le Soudan figure parmi les plus importants producteurs d’or d’Afrique. Toutefois, une part considérable de cette production échappe aux circuits officiels. Les estimations indiquent qu’en 2024, environ 31 tonnes d’or ont été exportées légalement, contre près de 40 tonnes qui auraient quitté clandestinement le territoire.

L’essentiel de cet or transite par plusieurs pays voisins, notamment l’Égypte, le Tchad et la Libye, avant de rejoindre les Émirats arabes unis. Dubaï demeure en effet l’un des principaux centres mondiaux du raffinage et du commerce de l’or.

Si Bruxelles espère réduire les revenus tirés de cette filière, plusieurs spécialistes estiment que l’impact de ces sanctions restera limité. L’Union européenne ne représente qu’une faible part du marché mondial de l’or, avec moins de 10 % des échanges internationaux.

Les experts soulignent également les difficultés liées à la traçabilité du métal précieux. La grande majorité des exportations soudanaises étant réorientées vers Dubaï, où les mécanismes de suivi restent insuffisants, il est particulièrement difficile d’identifier l’origine exacte de l’or importé sur les marchés internationaux.

Pour le chercheur Cameron Hudson, ces nouvelles mesures ont avant tout une portée politique. Selon lui, des sanctions visant directement les plateformes commerciales des Émirats arabes unis seraient nécessaires pour réduire efficacement les flux financiers issus de l’exploitation aurifère soudanaise.

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