Football amateur : six clubs normands sanctionnés dans une affaire de faux certificats médicaux
La Ligue de football de Normandie a prononcé de lourdes sanctions contre plusieurs dirigeants et joueurs. En cause, l’utilisation présumée de certificats médicaux falsifiés, dont certains auraient été fabriqués à l’aide de l’intelligence artificielle afin d’obtenir des licences sans consultation médicale.
Une nouvelle affaire de faux certificats médicaux secoue le football amateur français. En Normandie, six clubs ont fait l’objet de sanctions de la commission disciplinaire de la Ligue régionale de football. Plusieurs responsables sont notamment accusés d’avoir utilisé des documents médicaux falsifiés pour permettre l’obtention de licences.
Les sanctions les plus importantes concernent les dirigeants de deux formations. Les présidents de l’US Ducey Isigny, dans la Manche, et de l’AS Côte de Nacre, dans le Calvados, ont chacun été suspendus pour une durée de cinq ans. Un entraîneur de l’US Ducey Isigny, également joueur de l’AS Côte de Nacre, a quant à lui écopé d’une suspension de trois ans.
Selon les informations rapportées par ICI Cotentin et Ouest-France, certains des certificats médicaux en cause auraient été créés à l’aide d’outils d’intelligence artificielle. Une méthode qui aurait permis de produire des documents donnant l’apparence d’une véritable attestation délivrée par un professionnel de santé.
Des anomalies qui peuvent éveiller les soupçons
L’utilisation de faux documents pose un problème qui dépasse largement le cadre administratif. Lorsqu’un certificat médical est nécessaire pour l’obtention d’une licence, son objectif est notamment de s’assurer que la pratique sportive n’expose pas le licencié à un risque particulier.
Certains indices peuvent permettre aux instances sportives de détecter des documents suspects. La présence d’un médecin différent pour un seul joueur au sein d’une série de certificats similaires ou encore la date d’émission inhabituelle d’un document, par exemple pendant un jour férié, peuvent conduire à des vérifications supplémentaires.
Face à cette situation, la Ligue de football de Normandie a demandé aux clubs, dirigeants et licenciés de renforcer leur vigilance lors des procédures de demande de licences.
L’instance régionale insiste surtout sur les conséquences potentielles pour les sportifs. Une falsification peut en effet conduire à autoriser la pratique en compétition d’une personne qui n’a pas bénéficié de l’examen médical requis.
La Ligue souligne à ce titre que six problèmes cardiaques ont été recensés la saison dernière à son échelle. Un chiffre avancé pour rappeler que les contrôles médicaux ne constituent pas une simple formalité administrative.
D’autres dossiers pourraient suivre
L’affaire normande pourrait par ailleurs connaître de nouveaux développements. La Ligue a indiqué que d’autres dossiers devaient être étudiés par sa commission disciplinaire au début du mois de septembre.
Le phénomène ne semble pas non plus limité à la Normandie. Quelques mois auparavant, une affaire d’une tout autre ampleur avait éclaté en Alsace. Environ 500 joueurs amateurs avaient alors été soupçonnés d’être concernés par l’utilisation de faux certificats médicaux.
Les documents auraient été falsifiés ou directement achetés par l’intermédiaire des réseaux sociaux, notamment Snapchat, afin de compléter les démarches nécessaires à l’obtention d’une licence.
L’apparition de l’intelligence artificielle générative ajoute désormais une nouvelle dimension au problème. La possibilité de produire rapidement des documents à l’apparence crédible pourrait compliquer les contrôles et contraindre les fédérations et les ligues sportives à renforcer leurs procédures de vérification.
