Carburants : les transporteurs routiers d’Auvergne-Rhône-Alpes tirent la sonnette d’alarme

Confrontées à l’augmentation du coût des carburants et à des tensions croissantes sur leur trésorerie, les entreprises du transport routier s’inquiètent. Les représentants régionaux de l’OTRE et de la FNTR ont rencontré le préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes pour réclamer plusieurs mesures de soutien et un meilleur respect des règles par les donneurs d’ordres.

La hausse des prix à la pompe met sous pression les entreprises du transport routier. Samedi 26 septembre, le préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes, Étienne Guyot, a reçu les représentants de l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) et de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR).

Au cœur des discussions : les conséquences de l’envolée des coûts du carburant sur la santé financière des entreprises. Une situation particulièrement préoccupante pour les TPE et PME, dont les marges de manœuvre sont souvent plus limitées.

Selon l’OTRE, 539 dossiers de demandes de défaillance auraient été déposés dans la région en seulement trente jours, entre août et septembre. Un indicateur que l’organisation professionnelle met en avant pour illustrer la dégradation rapide de la situation.

Indexation et délais de paiement au cœur des demandes

Face à ces difficultés, les représentants des transporteurs souhaitent notamment faire évoluer les mécanismes permettant de répercuter la hausse du carburant sur le prix des prestations.

Ils demandent également aux pouvoirs publics de renforcer leur action auprès des grands donneurs d’ordres lorsque les règles d’indexation ne sont pas correctement appliquées. Pour les entreprises de transport, absorber seules une augmentation rapide du prix du carburant peut en effet fortement dégrader la rentabilité d’un contrat.

Autre sujet sensible : les délais de paiement. Les organisations professionnelles réclament davantage de vigilance afin d’éviter que les retards ne viennent aggraver les problèmes de trésorerie.

Sur ce point, les services de l’État rappellent que les contrôles réalisés au cours des cinq dernières années ont conduit à plus d’une centaine de sanctions en Auvergne-Rhône-Alpes. Le montant cumulé des amendes administratives prononcées pour non-respect des délais de paiement approche les 7 millions d’euros.

Certains métiers particulièrement exposés

Les représentants de la profession ont également attiré l’attention de la préfecture sur les activités qui ne disposent pas des mêmes mécanismes d’indexation permettant de répercuter les variations du prix du carburant.

Le transport routier de voyageurs, le déménagement ou encore le transport sanitaire figurent notamment parmi les secteurs concernés. Pour ces entreprises, une hausse brutale des dépenses énergétiques peut être plus difficile à intégrer dans les tarifs facturés aux clients.

Les échanges ont par ailleurs porté sur les nouvelles obligations liées à la performance énergétique des entreprises. L’OTRE redoute que ces dispositions représentent une dépense supplémentaire pour des TPE et PME déjà confrontées à une situation financière tendue.

La préfecture a rappelé que l’échéance fixée pour l’obligation de réaliser un audit énergétique intervient le 11 octobre.

L’État promet de maintenir le dialogue

À l’issue de la rencontre, le préfet Étienne Guyot a assuré les représentants du secteur de l’attention des services de l’État.

La préfecture souligne notamment le rôle essentiel du transport dans le fonctionnement de l’économie régionale et la nécessité de garantir des conditions de concurrence équitables, tout en tenant compte des difficultés rencontrées par les entreprises.

Alors que le carburant représente l’un des principaux postes de dépenses du transport routier, son évolution dans les prochaines semaines sera particulièrement surveillée par les professionnels. Pour les organisations patronales, l’enjeu est désormais d’éviter que la hausse des coûts ne se traduise par une multiplication des entreprises en difficulté.

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