Fonderie de Bretagne : 244 emplois menacés par la fermeture d’un site industriel historique
Après soixante ans d’activité, la Fonderie de Bretagne, implantée à Caudan dans le Morbihan, pourrait définitivement fermer ses portes. Aucun candidat n’a confirmé d’offre de reprise pour cette ancienne usine de Renault, qui emploie encore 244 salariés. Le tribunal de commerce de Lorient doit se prononcer demain sur sa liquidation judiciaire.
L’espoir d’une reprise s’est envolé pour les salariés de la Fonderie de Bretagne. Mardi 13 octobre, les représentants du personnel ont appris lors d’une réunion du comité social et économique (CSE) qu’aucune offre ne serait finalement présentée au tribunal de commerce de Lorient. Une annonce qui laisse peu de perspectives à cette entreprise emblématique de l’industrie bretonne, confrontée depuis plusieurs années à des difficultés économiques.
Trois candidats avaient pourtant manifesté leur intérêt pour le site. Selon la CGT, l’un d’entre eux, un industriel européen dont l’identité n’a pas été révélée, avait engagé des discussions avec l’État et Renault. Mais les négociations n’ont pas abouti. Le repreneur potentiel aurait notamment souhaité disposer de quatorze à quinze mois pour développer des volumes de production suffisants.
Le gouvernement affirme avoir tenté jusqu’au dernier moment de trouver une solution. Le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a indiqué avoir proposé une aide financière publique à un groupe intéressé par la reprise. Cette proposition n’a cependant pas permis d’obtenir une offre définitive.
Une succession de difficultés depuis le départ de Renault
Créée en 1966 par Renault, la Fonderie de Bretagne a longtemps fabriqué des pièces en fonte destinées à l’industrie automobile, notamment pour les systèmes de suspension et d’échappement. Cédée en 2022 au fonds allemand Callista Private Equity, elle restait fortement dépendante du constructeur français, qui représentait encore 95 % de son chiffre d’affaires en 2024.
En avril 2025, le groupe Europlasma avait repris l’entreprise en affichant l’ambition de relancer son activité. Spécialisé notamment dans la dépollution et la fabrication de pièces pour l’industrie de la défense, il prévoyait d’investir 15 millions d’euros sur trois ans et de diversifier la production vers des composants destinés aux munitions de mortier.
Mais cette reconversion n’a pas produit les résultats attendus. Selon la CGT, les investissements annoncés n’ont pas été intégralement réalisés. Un incendie survenu en janvier 2026 a par ailleurs fortement perturbé l’activité industrielle. Début juillet, la société a été placée en redressement judiciaire après avoir déclaré sa cessation de paiements.
Quel avenir pour les 244 salariés ?
En l’absence de repreneur, la liquidation judiciaire apparaît désormais comme l’issue la plus probable. Pour les 244 salariés encore présents, les prochaines semaines devraient être consacrées aux négociations autour d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).
Le ministre de l’Industrie a assuré qu’il porterait une attention particulière aux conditions d’accompagnement des salariés. De leur côté, les représentants syndicaux estiment que Renault, ancien propriétaire et principal donneur d’ordre historique, doit contribuer financièrement aux mesures sociales.
Les collectivités territoriales entendent également se mobiliser. La Région Bretagne, Lorient Agglomération et la municipalité de Caudan ont exprimé leur soutien aux salariés et leur volonté de préserver une activité industrielle sur le site.
Au-delà des emplois directement menacés, la disparition de la Fonderie de Bretagne marquerait la fin d’une histoire industrielle commencée il y a soixante ans. Elle illustrerait aussi les difficultés rencontrées par certains sous-traitants automobiles pour diversifier leurs débouchés et maintenir leur production sur le territoire français.
