Danone sous le feu des critiques à Volvic

La multinationale qui commercialise la célèbre marque Volvic est accusée par les populations locales d’assécher progressivement les cours d’eau.

Plus les jours passent, plus le mécontentement semble grandir contre Danone à Puy-de-Dôme. Le géant français de l’agroalimentaire cristallise les tensions sur place en raison de sa responsabilité présumée dans le tarissement progressif des sources d’eau du département. Plus précisément celles d’Auvergne-Rhône-Alpes où se situe Volvic, le village qui donne son nom à la presque centenaire marque d’eau commercialisée par Danone depuis les années 1990. La région autrefois désignée comme étant le château d’eau de la France n’a plus rien de tel. Les bassins sous-alimentés font le lit des lentilles d’eau. Depuis 1927, le débit de l’eau a baissé d’environ 10 % environ, passant de 470 litres par seconde à 50 litres désormais. Conséquence, le maraîchage se meurt et la biodiversité est fortement menacée. Ce qui amplifie le constat alarmant d’un début de désertification dans la zone, selon certains spécialistes.

La soif excessive de Danone

Pour de nombreux Volvicois, la responsable d’une telle situation n’est autre que Danone, exploitante à travers sa Société des eaux de Volvic (SEV) des cours d’eau de la région. D’autant qu’un rapport commandité par l’entreprise même conclut à un lien de causalité entre l’état des sources d’eau et l’activité de l’usine d’embouteillage. Et pour cause, Danone a à elle seule tiré 2,33 millions de mètres cube en 2020 de la zone. Un chiffre que la multinationale minimise en mettant en avant ses efforts pour préserver la précieuse liquide.

Pas de quoi apaiser les critiques qui tendent à se multiplier. Plusieurs associations de défense de l’environnement et des citoyens de la région ont ainsi mis sur pied en mai 2020, le collectif Eau Bien Commun 63. Objectif : obtenir de l’État la baisse des prélèvements par Danone dont les activités varient selon les périodes de l’année.

Les autorités locales impuissantes

Depuis, l’association multiplie les initiatives. À l’image de la manifestation du 21 mars dernier dans le sillage de la journée mondiale de l’eau. Mais leur marge de manœuvre semble assez limitée. Danone pouvant se prévaloir de l’autorisation dont elle jouit de la part de l’État. D’ailleurs, les autorités locales sous pression des protestations répètent la même antienne tel un mantra : l’entreprise respecte sa part du contrat dans les limites fixées par la loi. La préfecture préfère pointer du doigt, le changement climatique comme responsable de la situation. Cela devrait précisément inciter l’État à revoir les conditions d’exploitation de Danone, à en croire Corinne Lepage, avocate d’un pisciculteur local qui a entamé des actions judiciaires contre la multinationale.

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